On estime que 52 % de la population bolivienne n'a pas accès à l'assainissement et que 80 % des eaux usées ne sont pas traitées avant de retourner dans l'environnement. Le projet « Agua y saneamiento para todas y todos » (Eau et assainissement pour tou-te-s) a permis de garantir le droit à l'assainissement dans le quartier de San Pedro Magisterio, quartier périphérique de la ville bolivienne de Cochabamba, grâce à la construction et à la mise en service d’une station d'épuration des eaux usées et à la consolidation de la gestion communautaire de l'ensemble du cycle de l'eau par la Cooperativa de Agua San Pedro Magisterio.

En 2012, la pollution de la rivière Cochabamba a atteint des niveaux si élevés que le gouvernement l’a déclarée zone de « catastrophe environnementale ». Le projet « Eau et assainissement pour tou-te-s »: prend forme quand la coopérative de San Pedro Magisterio décide de traiter les eaux usées domestiques de ce secteur pour éviter de continuer à polluer la rivière Rocha et son environnement.

Cette initiative a pu être prise en charge par la communauté grâce aux Assemblées au sein desquelles tou-te-s les intégrant-e-s de la coopérative ont pu se prononcer sur la conception technique de la station d'épuration, sur les améliorations à apporter à l'utilisation domestique du réseau d'égouts et sur la mise en place d'une nouvelle structure tarifaire garantissant la durabilité économique du système. – tout cela encourageant la communauté à s'approprier l'initiative. La coopérative s'est engagée à prendre en charge l'exploitation de la station d’épuration une fois celle-ci construite, et a organisé des activités de sensibilisation à l'environnement au sein de l'école locale.

Mais tout n'a pas été si simple. La municipalité, par l'intermédiaire de son opérateur des eaux, a tenté de saboter le projet, critiquant la conception technique de la station et refusant de délivrer les permis environnementaux nécessaires à la réalisation de ce projet. Elle a également tenté de diviser la communauté.

Mais l'unité et la détermination de la communauté l'ont emporté. Une communauté qui osa défier les autorités municipales en défendant son droit, en tant que tel, à gérer l'eau. Une communauté qui a su établir des alliances (avec d'autres quartiers et des fonctionnaires) pour résister aux pressions politiques, et renforcer des mécanismes participatifs transparents de prise de décision. Le projet est maintenant responsable du traitement des eaux usées de 300 familles, ainsi que des améliorations des conditions d'hygiène et de salubrité (sanitaires et d’hygiène) du quartier de San Pedro.

« La gestion collective (et communautaire) du service public de base est certainement transformatrice et encourageante, et mérite toute notre attention. Elle a en plus le pouvoir de redéfinir le sens du mot « public » en tant que véritable bien commun/communautaire ».
– Evaluatrice Lorena Zárate

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Ou visitez le site fundacionabril.org/ and plataformaapc.org/

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